Comment accepter la SEP ?

La sclérose en plaques ou SEP est une maladie chronique. Ses différents symptômes ainsi que son évolution diffèrent en fonction de chaque patient. Cette maladie peut avoir un réel impact sur l’environnement professionnel, social, familial, voire même personnel, du patient. Il est donc nécessaire de savoir l’accepter et de s’y adapter, afin de vivre le mieux possible avec cette dernière. Pour y arriver, il est nécessaire de procéder à un remaniement psychologique dont le vécu et les ressorts sont très personnels. On vient de vous diagnostiquer une SEP ? Ou vous avez un ami qui en souffre et vous désirez l’aider, eh bien, cet article vous présente le point sur le processus d’acceptation et d’adaptation à cette maladie.

L’irruption de la maladie

 On ne choisit pas d’être malade, ce sont des choses qui échappent encore au contrôle des humains. La maladie survient le plus souvent de manière imprévue et on est obligé de la subir. Quand cette dernière s’installe de manière prolongée et devient chronique, comme la sclérose en plaques, elle bouleverse complètement la vie de la personne atteinte ainsi que son entourage immédiat (ses proches et ses amis). Dès lors, un processus d’acceptation et d’adaptation doit obligatoirement s’engager, et ce, pour le bien-être du patient et de tous.

Qu’est-ce qu’une maladie chronique ? Il s’agit d’une pathologie qui s’installe sur une longue durée, voire dans certains cas, sur toute la vie. Cette dernière affecte les capacités du sujet qui est atteint à vivre normalement. Ceci par une modification de ses habitudes quotidiennes. Généralement, la maladie chronique confronte l’individu malade à des conséquences négatives aussi bien pour son état de santé que pour son bien-être et sa qualité de vie.

L’annonce de la sclérose en plaques : une réelle rupture

Lorsque le diagnostic d’une maladie telle que la sclérose en plaques est établi, eh bien, la personne concernée est confrontée à une réelle rupture, et ce, principalement sur le cours de sa vie. Pour cette personne, il y avait une période avant cette découverte et une autre après celle-ci. D’après la psychologue Hélène Laigo, cette nouvelle constitue une rupture puisque le sujet atteint de la maladie chronique change le regard qu’il portait sur lui-même. En effet, il passe du statut de simple citoyen, à celui de citoyen malade. Cela ne fera qu’éveiller sa conscience sur le fait qu’il est bel et bien un être mortel et il faudra vivre avec ce sentiment tous les jours.

Nous savons tous pertinemment que nous allons un jour ou l’autre quitter cette terre. Mais cette question, nous l’éludons au quotidien. Mais, avec le diagnostic d’une telle maladie, cette question revient très vite au premier plan, et ce, même s’il est possible de ne pas en mourir. Le fait est que la simple idée de se savoir malade renvoie le patient à être confronté à cette réalité et à donc remettre son avenir en question.

Dans le cas d’une maladie chronique comme la sclérose en plaques, on reçoit de plein fouet les conséquences de cette rupture et celle-ci ne s’avère que plus vive. En effet, la SEP est le plus souvent diagnostiquée à un jeune âge alors que l’on est dans la perspective d’un avenir radieux sans maladie si ce n’est dans un futur lointain.

L’adaptation à la maladie chronique : le processus

Il est très important de très vite s’adapter à la situation et de ne pas rester trop longtemps dans le déni. Il faut faire rapidement faire son deuil. Ledit processus doit immédiatement démarrer après l’établissement du diagnostic de la sclérose en plaques. Celui-ci devra se dérouler en plusieurs phases.

L’incrédulité ou le déni

Le patient est saisi par l’incrédulité ou la stupéfaction. Celui-ci peut exprimer un refus de croire en l’existence de la maladie et même manifester un déni qui sera plus ou moins transitoire. C’est là un mécanisme de défense psychologique permettant à la personne atteinte de ne pas s’effondrer face à la maladie ainsi que les changements inhérents à cette dernière.

La désorganisation

Ici, la personne atteinte commence progressivement à prendre conscience de la pathologie et de ses conséquences. Elle prend plus précisément conscience des pertes que la maladie pourrait entrainer par rapport à la vie qu’elle menait jusque-là. Elle se rend compte qu’elle va devoir accepter une toute nouvelle réalité. Cette phase se traduit essentiellement par plusieurs émotions que sont l’ambivalence, l’incompréhension, l’injustice, la culpabilité, le désintérêt, le sentiment de perdre le contrôle et bien d’autres. Il est important de noter que toutes ces émotions sont normales et aideront le patient à s’adapter à sa nouvelle situation.

La réorganisation

Au cours de cette phase, le sujet commence à s’adapter petit à petit à sa nouvelle vie avec la maladie. Au cours, de cette phase, la personne atteinte fait un inventaire de toutes les choses qu’elle a perdues, mais aussi celui de tout ce qui a été acquis. Grâce à cette méthode, elle arrive à faire un trait sur ces choses qui ne sont plus, mais également à faire des projets d’avenir en se fixant de nouveaux objectifs. De manière générale, c’est pendant cette phase que l’on redéfinit les priorités de sa vie.

La réappropriation

Ici, le sujet devra se réapproprier sa vie en réapprenant à l’aimer. Pour cela, il faudra se pardonner à soi-même le fait d’être malade et de ne plus se considérer comme un fardeau pour les autres ainsi que pour soi. Il faudra aussi pardonner aux autres le fait qu’ils ne soient pas malades et qu’ils aient toujours une vie stable.

Au cours de cette phase, il faudra à tout prix lâcher prise et d’accepter le fait que l’on est atteint de la sclérose en plaques. Il faut tout simplement se projeter dans l’avenir.

Faire le deuil

S’adapter et accepter sa nouvelle situation est semblable à un travail de deuil. Souvent ce terme est associé à la mort d’un proche. Mais en réalité, on est amené toute notre vie à faire un travail de deuil. Un enfant qui quitte ses parents pour enfin vivre seul doit faire un travail de deuil. La ‘’perte’’ de ses parents doit lui apporter quelque chose de nouveau dans sa vie. Il doit donc évoluer et grandir. Lorsqu’une personne perd une chose dans sa vie, elle doit s’adapter, trouver les ressources nécessaires et aller de l’avant. C’est exactement le cas lorsqu’on est atteint d’une sclérose en plaques.