Qu’est-ce que la sclérose en plaques (SEP) ?

Le diagnostic ou même l’évocation de certaines maladies ont pour effet de nous faire couler des sueurs froides, tellement elles sont craintes et redoutées. La sclérose en plaques (SEP) fait partie de celles-là. C’est une maladie auto-immune chronique, causée par la destruction de l’isolation de myéline qui recouvre les neurones du système nerveux central (cerveau et moelle épinière). 

Les causes et symptômes de la sclérose en plaques

La cause de la sclérose en plaques (SEP) est un dysfonctionnement du système immunitaire. En fait, pour l’on ne sait quelle raison, celui-ci s’attaque aux constituants sains et normaux de l’organisme. C’est la raison pour laquelle elle est appelée : « maladie auto-immune ». Les cellules immunitaires, censées protéger l’organisme, attaquent et détruisent la gaine de myéline qui isole les neurones dans le cerveau et la moelle épinière.

Un peu comme une mutinerie. Cette gaine de myéline est créée par des cellules cérébrales appelées gliales. Leur objectif est d’accélérer la transmission et empêche l’activité électrique d’une cellule de court-circuiter une autre cellule. Imaginez un peu que la courroie isolante des câbles soit détruite et que les fils électriques se croisent… C’est dangereux, vous dites-vous ! Eh bien, c’est à peu près ce qui se passe dans le cerveau.

La perturbation de la communication entre le cerveau et les autres parties du corps empêche le passage normal des sensations et des messages de contrôle. C’est cela qui entraîne les symptômes de la SEP. Les zones dépourvues de gaines de myéline apparaissent sous forme de petites zones rondes et grises. Ces dernières ressemblent à des plaques, d’où le nom de la maladie. 

Plus de nouvelles plaques se développent dans la partie du cerveau ou de la moelle épinière qui contrôlent les zones affectées, plus les symptômes de la SEP progressent. Cette progression de la SEP peut être imprévisible, car il ne semble pas y avoir de schéma dans l’apparition de nouvelles plaques. Malgré des recherches considérables, le déclencheur de cette destruction auto-immune est encore inconnu.

Certaines recherchent laissent à croire que ce sont des gènes, des facteurs environnementaux, des virus ou une combinaison de ces éléments qui sont à l’origine de cette mutinerie. Si un membre d’une famille est touché, il y a de fortes chances que les autres membres le soient aussi, ce qui suggère l’influence de facteurs génétiques. Par ailleurs, les personnes d’origine nord-européenne sont plus susceptibles de développer une SEP.

Généralement, c’est sous trois formes que se présentent les symptômes de la sclérose en plaques. La forme la plus courante est celle pendant laquelle le malade a des crises clairement définies qui durent 24 heures ou plus, suivies d’une amélioration complète ou presque complète. La période entre les attaques symptomatiques peut être d’un an ou plus au début de la maladie. Elle est donc appelée forme récurrente-rémittente.

Avec le temps, cette dernière peut se réduire à plusieurs mois plus tard. Cette forme est particulièrement fréquente chez les jeunes personnes qui développent la sclérose en plaques. La deuxième forme est le primaire progressif et est plus fréquente chez les personnes âgées. La maladie progresse sans rémission ou avec des plateaux occasionnels ou de légères améliorations. 

Pendant la forme secondairement progressive, la personne atteinte de SEP commence par des rechutes et des rémissions, suivies d’une progression plus régulière des symptômes. La bonne nouvelle, c’est que 10 et 20 % des personnes atteintes de SEP ont la forme bénigne. Cela veut dire que leurs symptômes ne progressent que très peu au cours de leur vie.

Comme il a été susdit, la progression de la sclérose en plaques est imprévisible. Les plaques peuvent se former dans n’importe quelle partie du système nerveux central. Les symptômes de la SEP peuvent donc varier d’un malade à l’autre et d’un stade à l’autre du mal. Les symptômes initiaux sont :

  • les difficultés à marcher ;
  • le manque ou la perte de coordination ou d’équilibre ;
  • l’engourdissement, « fourmillement » ou autres sensations anormales ;
  • Perturbations visuelles, y compris une vision floue ou double ;
  • Fatigue ;
  • Spasticité et raideur musculaire ;
  • Dysfonctionnement sexuel ;
  • Incontinence ;
  • Tremblements ;
  • Paralysie ;
  • Douleur ;
  • Vertigo ;
  • Difficultés d’élocution ou de déglutition ;
  • Constipation…

La raideur musculaire, dans l’une ou les deux jambes, est fréquente et peut être le premier symptôme constaté chez une personne atteinte de SEP. Les spasmes musculaires sont également fréquents et peuvent être plus handicapants que la faiblesse.

Le nystagmus ou vision double peut résulter de l’implication des voies nerveuses contrôlant le mouvement des muscles oculaires. Les troubles visuels résultent de l’atteinte des nerfs optiques et peuvent inclure le développement de taches aveugles dans un œil ou dans les deux yeux, des changements dans la vision des couleurs ou la cécité. La névrite optique ne touche généralement qu’un seul œil et est souvent associée au mouvement de l’œil affecté.

Plus de la moitié des personnes atteintes souffrent de douleurs au cours de leur maladie, et beaucoup éprouvent des douleurs chroniques, y compris des douleurs dues à la spasticité musculaire.

Dans environ 10 % des cas, il y a la sensation de douleur. Cette dernière peut être aiguë et lancinante, en particulier au niveau du visage, du cou ou du bas du dos. L’engourdissement et la faiblesse du visage sont également fréquents. On distingue aussi des changements cognitifs, à savoir :

  • des troubles de la mémoire ;
  • la dépression ;
  • des changements de personnalité, etc. 

Toutefois, il n’est pas tout à fait clair que ces changements sont dus principalement à la maladie ou à la réaction psychologique à celle-ci. Chez près de 25 % des personnes atteintes de SEP, la dépression peut être suffisamment grave pour nécessiter un traitement. Seul un plus petit nombre de personnes ressentent une euphorie liée à la maladie, ou une humeur anormalement élevée.

Cela se produit après une longue durée de maladie et en combinaison avec d’autres changements psychologiques. La chaleur et la SEP ne font pas bon ménage. La chaleur, l’augmentation de la température corporelle, la fièvre, l’activité physique intense, l’exposition au soleil, aux bains chauds ou aux douches sont autant de facteurs susceptibles d’aggraver les symptômes de la sclérose en plaques. 

Comment se diagnostique la sclérose en plaques ?

Lorsque vous vous rendrez chez un médecin, il procédera à un examen physique et neurologique, s’informera des symptômes et examinera vos antécédents médicaux. Il faudrait faire beaucoup de tests avant de se permettre de confirmer un diagnostic. Le médecin utilisera donc plusieurs stratégies pour décider si vous avez les caractéristiques d’un malade de la sclérose en plaques. Il s’agit de :

  • l’analyse du liquide céphalo-rachidien ;
  • un test de potentiel pour mesurer l’activité électrique en réponse à des stimuli ;
  • l’examen IRM du cerveau et de la moelle épinière ;
  • la ponction lombaire.

D’autres affections ont des symptômes qui ressemblent à ceux de la sclérose en plaques. Un médecin doit donc suggérer d’autres tests pour évaluer d’autres causes possibles. En cas de confirmation du diagnostic, le médecin devra déterminer de quel type il s’agit et si elle est active ou non. Il se peut que le malade ait besoin d’autres tests à l’avenir pour évaluer d’autres changements.

Examen neurologique

Cet examen consiste à répondre aux nombreuses questions d’un neurologue. C’est la prise d’antécédents pendant laquelle ce dernier vous posera des questions sur vos symptômes et problèmes passés. Ainsi, il saura mieux vous connaître et identifier tout autre problème pouvant expliquer les symptômes actuels.

Ensuite, il procédera à un examen physique pour vérifier les changements ou les faiblesses dans vos mouvements oculaires, la coordination des jambes ou des mains, l’équilibre, la sensation, la parole ou les réflexes. Toutefois, tant que les autres tests ne confirmeront pas la SEP, les soupçons d’un neurologue ne suffisent pas à confirmer le mal. 

Imagerie par résonance magnétique (IRM)

Avec un scanner IRM, il est possible de créer une image détaillée du cerveau et de la moelle épinière, en utilisant un fort champ magnétique. Pour obtenir cette image, vous devez vous allonger et entrer dans un petit tunnel au centre du scanner IRM. Le processus dure entre 20 et 60 minutes. Il est indolore, mais assez bruyant. L’emplacement exact et la taille de toute lésion ou cicatrice sont alors visibles. 

De puissantes techniques d’IRM ont été utilisées, dernièrement, pour étudier l’inflammation et les lésions tissulaires dans des régions du cerveau. Les techniques d’IRM conventionnelles n’étaient pas assez élaborées pour les identifier. Plusieurs de ces nouvelles techniques d’IRM sont en cours de développement pour être utilisées dans le diagnostic de la SEPT.

La rachicentèse ou ponction lombaire 

Pour cet examen, le neurologue insère une aiguille très fine dans l’espace autour de la moelle épinière, sous anesthésie locale. Un petit échantillon du liquide céphalo-rachidien, qui circule autour du cerveau et de la moelle épinière, est prélevé. Le liquide sera envoyé aux laboratoires pour y être examiné afin de détecter les anomalies qui se produisent dans la SEP. Dans certains cas, la pression du liquide sera également mesurée.

Certaines personnes signalent souvent des maux de tête à la suite d’une ponction lombaire. Il s’agit d’un effet secondaire reconnu et le neurologue peut donner des conseils sur la meilleure façon de le gérer. Les scientifiques identifient également des biomarqueurs, dans le liquide ou le sang, qui peuvent être utilisés pour le diagnostic ou le suivi de la maladie.

Les traitements et thérapies de la sclérose en plaques

Il n’y a malheureusement aucun remède pour guérir la sclérose en plaques, toutefois, il existe des thérapies pour ralentir la progression du mal. Celles-ci consistent pour la plupart en la prise d’immunosuppresseurs. Un médecin peut en administrer certains par voie orale, d’autres par injection et d’autres encore sous forme de perfusion. La fréquence et le lieu d’administration dépendront du médicament.

La liste des médicaments est longue et va des corticostéroïdes au cannabis médical (CBD). Il est recommandé d’utiliser ces médicaments dès les premiers stades, surtout lorsque les symptômes ne sont pas encore graves, car il y a de fortes chances qu’ils puissent ralentir la progression de la SEPT. 

Certains médicaments sont plus utiles à des stades spécifiques. Par exemple, un médecin peut prescrire la mitoxantrone à un stade plus avancé et plus grave de la SEP. Aussi, il surveillera l’efficacité d’un médicament, car il peut y avoir des effets indésirables selon les patients. Les nouveaux médicaments sur le marché s’avèrent plus sûrs et plus efficaces que certains médicaments existants.

Les effets indésirables des médicaments immunosuppresseurs comprennent un risque plus élevé d’infections. Certains médicaments peuvent également nuire au foie. En cas d’effets indésirables ou d’aggravation des symptômes, il vaut mieux consulter un médecin.

La sclérose en plaques : Que retenir ?

La sclérose en plaques est une maladie progressive du système nerveux central. Elle n’est ni contagieuse ni infectieuse. Les femmes sont plus nombreuses que les hommes à en être atteintes. En effet, elle est deux à trois fois plus fréquente chez les femmes que chez les hommes. La SEP est la maladie du système nerveux central la plus fréquente chez les jeunes adultes.

Elle n’est pas directement héréditaire, bien que la génétique joue un rôle dans son développement. Le diagnostic de la SEP est généralement posé entre 20 et 40 ans, bien que son apparition puisse être plus précoce. Les symptômes sont très variés, la fatigue étant l’un des plus fréquents.

La SEP est plus fréquente dans les pays plus éloignés de l’équateur. Malheureusement, aucun remède ne lui a encore été trouvé actuellement. Il n’existe pas de médicament qui puisse guérir la SEP, mais il existe des traitements qui peuvent modifier l’évolution de la maladie. Ainsi de nombreux symptômes de la SEP peuvent être gérés et traités avec succès.

Le stress, la chaleur et les efforts physiques extrêmes sont à éviter. Une bonne alimentation, un repos adéquat, ainsi qu’une bonne hygiène de la vessie peuvent améliorer la qualité de vie et réduire les symptômes.